Pour répondre aux voeux du public, le groupe de travail du
Web Site de la Municipalité de Phnom Penh a fait des études et des recherches sur un certain nombre de documents concernant
LES DANSES KHMÈRES, laissées en héritage par nos ancêtres pour les Khmers de génération en génération. La Municipalité de Phnom Penh se permet de reprendre des extraits d’un certain nombre de documents relatifs aux Danses du Cambodge, notamment du livre KHMER DANCES 2001, l’oeuvre de
Son Excellence Pich Tum Kravel, Sous-secrétaire aux Beaux-arts et Président de la Commission de Recherches Artistiques et Culturelles au Ministère de la Culture et des Beaux-arts dont voici le résumé succinct :
La danse comme le théâtre, la musique, le chant, la poésie, la sculpture et d’autres formes d’Arts constituent les besoins de la vie des Khmers. Les Khmers prennent les danses pour offrir aux génies pour avoir la paix, danser pour avoir les pluies abondantes pour l’agriculture, danser pour prier les choses sacrées de venir chasser les malheurs de toutes sortes, danser pour avoir la tranquillité au moment du changement de l’ancien au nouveau village, danser pour jouer ou pour oublier la fatigue après les travaux pénibles dans la journée dans leur vie quotidienne.
En général, les danses au Cambodge se différencient quant à leur origine, leur forme, leur couleur et leur rôle dans la société khmère comme :
- Certaines danses ont leurs origines de la religion brahmanique et ayant traversé plusieurs étapes jusqu’à l’ère bouddhique du Grand Véhicule, ensuite celui du Petit Véhicule qui sont des danses de nature d’Art divin que l’on pouvait deviner comme des créations des savants ou des hauts dignitaires qui, plus tard, deviennent des rites dans les cérémonies officielles du Palais Royal.
- D’autres danses ont leurs origines de la croyance aux génies (croyances des Khmers primitifs), ce sont des danses préservées de génération en génération que l’on peut désigner comme « Héritage de la lignée » du peuple khmer et de toutes minorités ethniques vivant sur le territoire du Royaume du Cambodge, selon les différentes régions ayant différents coutumes et que les chercheurs ont deviné comme des créations du grand public, des habitants ruraux.
- Il y a une autre forme de danse très populaire au Cambodge, c’est-à-dire que partout, il existe les mêmes danses soit à la ville ou à campagne, quel soit dans les régions des montagnes, des plaines ou des côtes maritimes avec en plus un autre caractéristique, c’est que toute la population. jeunes, vieux, hommes, femme savent tous danser ces danses.
Quant au rôle de ces danses, c’est pour divertir et pour faire oublier la fatigue des travaux pénibles. Comme le Cambodge est un pays qui possèdent plusieurs formes de danses, les Cambodgiens se distinguent ces danses en 3 groupes avec des noms différents selon les caractéristiques de chaque danse comme : les danses classiques ou le Ballet royal, les danses traditionnelles et les danses populaires ou folkloriques.
1/- Les danses classiques ou le Ballet royal :
Les danses ou le théâtre classiques khmers ou les danses du Ballet royal est une forme de danses qui existent depuis plusieurs siècles au Cambodge sous forme de danses sacrées (Art divin) originaires de la religion brahmanique avec une beauté très splendide par rapport aux autres formes de danses ou de spectacles au Cambodge. Depuis leur création, ces danses sont des danses féminines car tous les artistes ou danseuses sont entièrement des filles, même si le héros est un homme. Les manières de danser se différencient également d’autres formes de théâtres qui sont au total environ 20 formes de théâtres au Cambodge. Au moment de la présentation, les danseuses ne chantent pas et ne se dansent pas selon les paroles de la chanson comme dans le Théâtre Khâol ou « lokhon khâol » ou théâtre masculin ou théâtre masqué que les danseurs doivent faire des gestes tout en respectant les règles grammaticale du « langage des gestes »conformes aux significations des paroles des chants de groupe dont la plupart sont des chanteuses. Les danses classiques khmers ou les danses du Ballet royal comme la Danse de souhait, la Danse Tépmonorom, la Danse Apsara, la Danse Rémléaksn – chopléaksn, la Danse Monymékhala, la Danse sovannmachha, la Danse Pream, la Danse des Bougies, etc, Quant à l’orchestre qui accompagne ces danses, il a également un caractéristique d’Art sacré que l’on appelle la « Musique Pinpéat ».
2/- Les danses traditionnelles :
Les danses traditionnelles khmères ce sont des danses rattachées à la tradition ou aux cérémonies familiales depuis déjà longtemps du peuple khmer ou des autres peuples vivant sur le territoire du Royaume du Cambodge selon les différentes régions, ayant ou non les mêmes traditions, quel soit dans les régions des montagnes, des plaines, du delta du Mékong ou des côtes maritimes. Les danses traditionnelles que les chercheurs ont étudiées et découvertes son copiées des différents peuples de toutes les régions, dont il y a :
| 1. La Danse de Trod | 11.La Danse de Kântèrè | 21. La Danse de Véay Kuoy | 31. 31- La Danse de Bâr Ko
|
| 2. La Danse de Trod Néang Méo | 12. - La Danse de Chrâm | 22. La Danse de Chak Kreul | 32. La Danse de Chraut Srauv |
| 3. La danse de Kângâok Païlin | 13. La Danse deVéay krab | 23. La Danse de Tball Kab | 33. La Danse de Beit Léakh |
| 4. La Danse de Bâk Srauv | 14. La danse de Ântông Hèn | 24. La Danse de Aréak Cham | 34. La Danse de Kânsèng Snèh |
| 5. La Danse de Kângâok Pôthi | 15. La Danse de Kôh Trâlâok | 25. La Danse de Sna | 35. La Danse de Chak ângkrâng |
| 6. La Danse de Bèh Krâvanh | 16. La Danse de Kôh ângrè | 26. La Danse de Nésat |
36. La Danse de Chhayam |
| 7.La Danse de Sèn Phloy | 17. La Danse de Tonaïtine | 27. La Danse de Kângkèb | 37. La Danse de Dall âmbok |
| 8. La Danse de Snèng Tônsâong | 18. La Danse de Kap Krâbei Phoek Sra | 28. La Danse de Apéapipéh Baksei | 38. La Danse de Skor |
| 9. La Danse de Poât Rong | 19. La Danse de Roâmvong Phoum Thmei | 29. La Danse de Skâr Tnôt | 39. La Danse de Korng Suoy |
| 10. La Danse de Phloy Sây | 20. La Danse de Kèn | 30. La Danse de Kââm | 40. La Danse de Korng Smieng |
Il existe encore d’autres danses traditionnelles qui restent aux mains des habitants que nous n’avons pas encore étudié et enregistré ou monté des spectacles pour une large diffusion, en particulier les danses rattachées aux traditions khmères et à celles des différentes minorités ethniques vivant dans des régions éloignées, y compris les régions des montagnes, des plaines et des côtes maritimes et que nous devons orienter nos recherches pour les recueillir, enregistrer et monter des spectacles dansantes par la suite.
3. Les danses populaires ou folkloriques khmères (Roâmvong, Roâm kbach) :
Rien n’est autres que les jeux populaires comme le Jeu de Châol Chhoumng, le Jeu de Léak Kânsèng, le Jeu de Chab Kaun Khlèng, le Jeu de Bâh Ângkûnh, le Jeu de Sdach Châng ou d’autres jeux que les Cambodgiens ont l’habitude de jouer pendant les différentes fêtes traditionnelles, en particulier pendant la fête du Nouvel-an Khmer. Les danses populaires ou folkloriques, Roâmvong, Roâm Kbach ce sont des danses très populaires en général et partout dans le pays qu’il soit en ville, à la campagne, dans les régions des montagnes comme dans celles des plaines ou des côtes maritimes. Ces danses populaires ou folkloriques khmères sont très faciles à apprendre à danser et à préparer la piste de danses. C’est ainsi que toute la population khmère, des Rois, des hauts fonctionnaires jusqu’au peuple de base, hommes, femmes et enfants savent tous danser ces danses.
Quant au mot Roâmvong, c’est un des caractéristiques pour reconnaître cette danse, c’est-à-dire que l’on danse en ligne qui tourne en rond. On la danse pour se divertir et oublier la fatigue par les travaux pénibles dans la journée. Quant à l’origine de cette danse, si on se réfère aux documents écrits qui existent rarement et en se basant sur les réalités de la vie jusqu’à nos jours, nous croyons que la danse de Roâmvong existait déjà depuis plusieurs siècles sur le territoire de ce Royaume. Car depuis un passé très lointain, le peuple khmer et les autres peuples issus de la même race comme celui des Pnorngs, des Kroengs, des Tômpuons, des Préous ....avaient d’étroites relations et notamment pour danser en rond ensemble. - • - Nos compatriotes des régions du Nord-est du pays ou des régions des montagnes des autres parties du pays avaient l’habitude de danser au tour d’un feu de camp à la tombée de la nuit. Cette habitude de danser en rond autour d’un feu de camp existait déjà depuis plusieurs millénaires et qui continue jusqu’à nos jours.
- • - Dans la Cérémonie d’offrandes aux génies ou aux Néakta (la croyance des Khmers primitifs existait déjà avant l’arrivée de la religion brahmanique et de la religion bouddhique dans la presqu’île de Sovannaphoum, c’est-à-dire depuis 309 ans avant l’ère chrétienne, Preah Dechkun Pang Khat...), les Khmers avait l’habitude de construire un petit pavillon entouré d’une haie de bambou tressé et l’homme ou la femme qui incarne le génie ou mémôtt danse autour de ce petit pavillon pendant cette cérémonie. .
- • - Quant à la Cérémonie de Kab Krâbei Thvay Néakta ou « Tuer le buffle pour offrir aux génies », des minorités ethniques Préous, Pnorngs, Kroengs, Tômpuons, elle existait depuis des millénaires car il y avait des sculptures sur les murs du Temple de Bayon construit sous le règne du Roi Jayavarman VII et que les Khmers l’avaient préservé jusqu’à nos jours et dans laquelle, il y avait la danse en rond ou en cercle.
En outre, les minorités ethniques Préous, Pnorngs, Kroengs et Tômpuons continuent à pratiquer encore ce rite de « Roâmvong Phoum Thmei » ou dans leur langue, le « Ramvong Srouk hantim ». Pour la danse de Râmvong Phoum Thmei, on a l’habitude de la danser à l’occasion de changement de l’ancien au nouveau village. Normalement, pendant 3 à 7 ans avant le changement du village ou le départ de l’ancien village, le Patriarche ou les vieux sages du village avaient l’habitude d’organiser diverses cérémonies selon leur croyance respective pour retrouver un nouveau terrain bien situé géographiquement, et ayant suffisamment de l’eau et de la sécurité pour toutes les familles dans ce nouveau village. Après avoir trouvé du terrain, on va organiser la cérémonie pour connaître la durée pour vivre dans ce nouveau village, pendant combien d’années ? Pour la cérémonie pour connaître la durée de résidence, le Patriarche et les vieux sages du village coupent un morceau du tubercule de Prâtéal en 7 tranches et les laissent tomber sur la terre. S’il y a des tranches de Prâtéal qui se renversent, on croyait que l’on pouvait vivre dans ce nouveau village pendant la durée équivalente au nombre de tranches de Prâtéal renversées, c’est-à-dire que tout dépend du nombre de tranches de Prâtéal renversés. Par exemple, s’il y avait 3 ou 5 tranches de Prâtéal renversées, on pourrait vivre pendant 3 ou 5 ans dans ce nouveau village. Et cette croyance existait déjà depuis longtemps jusqu’à nos jours. Après avoir trouvé le nouveau terrain, le Patriarche appelle aux villageois de se déménager de l’ancien village pour venir s’installer dans le nouveau village. Dès les premiers jours de leur installation, on organise les danses de Roâmvong Phoum Thmei avant toute autre chose.
Selon certains documents qui nous restent, et selon les informations racontées par nos vieux parents, nous voyons que, au Cambodge, les danses populaires de Roâmvong ert de Roâm Kbach se développent fortement pendant le 20ème siècle. Et, peut-être, durant cette même période, il y avait l’influence du mot étranger comme danser « Lamm thaun » ou danser avec fantaisie « Lamm Thaun » (Thaun veut dire tambour) que les Khmers l’avait utilisé, car à cette époque les troupes des Khmers Issaraks ont leurs campements dans les forêts profondes dans les régions des Chaînes de Dangrèk, de Chréal, d’Oral, des Cardamomes au Nord-est du pays qui entretiennent les relations avec des troupes des Laos Issaraks ou dans les régions côtières et qui aiment danser le Roâmvong en utilisant le tambour à main avec des chants très simples pour s’amuser selon les circonstances de la résistance et la vie dans les forêts profondes comme leurs bases de référence. À bien noter que ce tambour à main est un tambour de la Musique des génies, ou des musiques traditionnelles, des musiques de mariages des Khmers qui existait depuis plusieurs millénaires. Les danses populaires de Roâmvong et de Roâm Kbach se développent dans tout le pays. À certains endroits, on danse avec un seul tambour à main ou avec l’orchestre de la musique khmère comprenant des instruments comme : le tambour, le violon khmer, le xylophone et autres instruments ou bien avec l’orchestre moderne que l’on pouvait les voir jusqu’à maintenant.